Week-end au Boréon
Enfin une sortie pour les montagnards en recherche de blanche ! Au programme : découverte de raquettes ou ski de randonnée et nuit au refuge de Cougourde, gardé ce samedi soir. Nous remercions bien évidemment notre cher Thomas d’avoir géré la réservation, et ce malgré avoir déclaré forfait sur blessure avant de partir.
Nous partons donc à neuf personnes samedi vers huit heures en direction du Boréon avec le minibus et une voiture, ce qui nous laisse largement de l’espace pour voyager confortablement. Arrivés sur le parking, au pied des pistes de ski de fond, nous nous équipons et partons promptement, après vérification des DVA bien sûr. Le risque d’avalanches annoncé pour ce weekend n’était que de 1/5, mais c’est la procédure !

Tout se passe bien jusqu’à la vacherie, passé laquelle un choix hasardeux d’itinéraire nous attend. Plutôt que de remonter rive gauche la rivière, nous traversons la passerelle et nous retrouvons dans une partie escarpée à proximité de l’eau. Clairement, il n’y a pas de chemin praticable [mea culpa, NDLR], et il nous faut traverser un pont de neige, puis monter droit dans la pente pour rejoindre l’itinéraire principal. Sans échauffement, ce sont donc des conversions délicates qui attendent les skieurs. Gare au plouf !


Nous poursuivons notre route jusqu’à mi-parcours où nous trouvons quelques rochers secs où poser nos séants le temps de se restaurer, tandis que Maxime se charge du divertissement. Nous croisons au passage quelques randonneurs dont deux de ses amis venus eux aussi s’essayer au ski de randonnée. Bien que le temps soit doux, la neige est encore bien portante et il n’y a aucune difficulté à suivre les traces ou à la faire soi-même. À travers les sapins et mélèzes, nous suivons peu ou prou le GR d’été, sans obstacle majeur, jusqu’au refuge de Cougourde.


Arrivés au refuge, après quatre bonnes heures de montée, un petit groupe décide de monter au lac des Sagnes histoire d’enregistrer un peu de descente ce samedi. Pour les autres, ce sera repos avec une bière, et un joli paysage en toile de fond. On peut même apercevoir la course du lendemain pour les skieurs aguerris (la cime de Juisse au centre de l’image, en montant par le vallon visible à sa gauche) ! C’est également l’occasion de s’entraîner à la recherche de victimes d’avalanche sous la houlette de David pour ceux qui ne l’ont jamais fait.

Le soir tombe, et nous profitons du chauffage au bois pour faire sécher les chaussons (de ski !) et les peaux. Nous prenons également conseil auprès du gardien pour choisir un sommet avec un itinéraire de descente qui convient également au snowboardeur. Le risque d’avalanche étant faible, ce sont des conditions idéales pour la cime de Juisse, en montant directement par la gorge de Juisse, puis en descendant un large couloir sans nom pour arriver directement en haut des pistes de ski de fond (en pointillés l’itinéraire de descente pour les néophytes et raquettistes). Le dîner est consistant : soupe, pâtes et bœuf en sauce, muffin aux myrtilles ; puis nous allons nous coucher de bonne heure dans nos dortoirs attitrés.


Dimanche matin, il est sept heures et le jour a déjà commencé. Les gens descendent un par un prendre leur petit-déjeuner, leur panier-repas, et s’équipent. P.-A. règle la note du refuge, merci à lui, et nous partons en descente vers le pied de la gorge de Juisse, à la jonction avec le sentier du lac de Trécolpas. Un faux départ dans le mauvais vallon nous pousse à remonter quelques dizaines de mètres, sauter littéralement le torrent, puis il nous faut traverser une coulée d’avalanche durcie par le froid (quel régal…) ; Maxime s’est montré plus malin en contournant le champ de patates.


S’ensuit alors une montée assez raide de 700 mètres. La neige est dure, nous sortons les couteaux, excepté Maxence excédé par les excessives conversions qui déchausse et monte à pied dré dans l’pentu. Un vent de pente et l’absence de soleil (remarquez la neige jaunie par le sable du Sahara) nous rafraîchissent, pas question de faire de pause avant d’arriver au col. La vue y est d’ailleurs splendide sur le vallon de la Madone de Fenestre et au-delà jusqu’à Gréolières et l’Audibergue.


Nous poursuivons à droite dans une traversée plus impressionnante que difficile, et enfin quelques courtes conversions nous amènent au sommet de la cime de Juisse, à 2580 mètres. On y croise Loïc de l’asso et ses drôles de dames, partis en sens inverse et bien déterminés à enchaîner une autre montée dans la même journée. Il est 11h30, c’est la pause déjeuner avant de descendre une bonne fois pour toutes vers le minibus. La vue sur le Gélas est remarquable !



Pendant ce temps, les raquettistes et deux autres skieurs descendent tranquillement le vallon du Boréon, plus facilement qu’à la montée et vont nous attendre avec un chocolat chaud à la vacherie. Ils auront même la chance d’admirer aux jumelles nos superbes virages plus ou moins experts dans la descente du vallon en face !
Les peaux retirées et rangées, c’est au tour des skieurs de descendre ce vallon pentu. Le départ est raide, mais chacun y trouve son compte. Il y a mille mètres de dénivelé jusqu’au minibus !

Sans encombre, nous arrivons tous au minibus aux environs de 13 heures. Ne reste plus alors qu’à ranger les affaires et prendre le verre de l’ASSA à Saint-Martin-Vésubie et mission accomplie !
Maxence



















