Sortie ski de Rando


A la fraîche, Samedi 1er Décembre, je retrouve, Julien, David et Pierre-Axel, à 7h15 à Carrefour Antibes, grands princes, ils ne feront pas de remarque sur ma ponctualité approximative. Le jour pointe à peine le bout de son nez et nous voilà en route pour Isola 2000. Julien comblera presque à lui seul l’heure et demi de trajet avec ses histoires de courses poursuites en voiture aux quatre coins de France (j’exagère à peine). Nous remontons la vallée de la Tinée qui s’est drapée d’un lourd brouillard, le doute s’installe sur la météo ensoleillée prévue sur les cimes. Arrivés à Isola village le temps se dégage et nous permet d’admirer les arbres en manteau d’hiver. Nous retrouvons l’autre moitié du groupe en haut de la station: Sergi, Yann, Edward et Joseph. Objectif de la journée : le Tour du Malinvern D+ 1600m.

9h30, skis peautés et arva checkés nous partons à l’assaut de la première montée (+600m) à travers les lacs et les mélèzes. Au col du Pas du Loup (2660m), la vue est stupéfiante, nous avons l’immense chance de voir clairement le majestueux Mont Viso qui se distingue du reste de la chaîne montagneuse.

Au goutte à goutte les premiers s’engouffrent dans le couloir sur le versant Italien. Le spectacle est saisissant: 40° de pente, 5m de large et mini avalanches coulent de part et d’autre de la brèche. Ça dérape dans la partie étroite et ça se régale dans la partie basse qui est toute poudrée. Gloups ! C’est mon tour. C’est tellement raide, « j’veux pas déchausser là », je passe donc sur les fesses à plusieurs endroits. Arrivée dans la poudreuse, toute crispée, mes cuisses sont cramées. Je mets alors en pratique les conseils de la séance Yoga(/Grimpe), j’expire en direction de mes quadriceps, (on fait avec ce qu’on a !) ça fonctionne un peu. Les gars m’encouragent, ça aide beaucoup. Je rejoins le groupe frigorifié, la descente m’aura parue une éternité ! à eux aussi d’ailleurs :D Pendant ce temps-là problème technique pour Pierre-Axel et Joseph toujours au col : les fixes de Joseph sont mal réglées. L’aventure s’arrête là pour eux, ils finiront leur journée à écumer les multiples bars branchés d’Isola :D

Nous ne sommes donc plus que 6 et juste niveau chrono. Les gars me donnent le choix : soit nous arrêtons là et remontons le couloir pour rejoindre la station, soit nous continuons mais il ne faudra rien lâcher, de toute façon il n’y aura pas d’échappatoire. « Heu, remonter le couloir là, celui que j’ai eu tant de mal à descendre ? No way ! » Je n’ai pas envie de priver les gars de leur sortie et je sais que je peux le faire, la seule inconnue c’est en combien de temps !

Nous repartons, la neige est un régal et le panorama à couper le souffle. « Ça manque de neige quand même » se plaindront certains ;) Nous profitons un peu du soleil dans le vallon puis c’est la deuxième ascension (+700m). Je me retrouve escortée par Sergi et Edward qui perdent rien de mes faits et gestes et me coacheront jusqu’au bout pour m’économiser le plus possible. Ce sera 700m sur le rythme de : « bâton niveau cheville, avance pied amont, pivote, ski à plat, penche-toi en avant, lève le ski aval, coup de talon et hop conversion ». Au fil de la montée les observations de Sergi passeront de *silence*, à « pas mal » puis à « biiien ! », j’ai l’impression d’avoir 5 ans. Occupés à perfectionner mes conversions, nous ne remarquons pas Julien suivi de David cherchant l’originalité qui s’engagent sur une pente douteuse bien scabreuse. Sur les conseils avisés de Sergi les gars se faufileront tranquillement mais sûrement.

Au Col de Valscura (2520m), le soleil s’enfuit trop vite et il nous reste encore un col à franchir. Sergi et Yann s’échappent. Nous entamons la dernière montée (+350m), le vent se lève et un ciel au tons rosés commence à s’installer. La fatigue se fait sentir de plus en plus, les crampes aussi. Une pause éclaire s’impose, le chocolat devenu béton se laisse difficilement dévorer mais la pâte de fruit est divine. Je me retrouve délestée de mon sac, les gars font preuve d’une grande solidarité, « en même temps si on veut rentrer un jour… » me font ils remarquer :D « Plus que 5 conversions » nous crie Edward, la fin est proche !

De la Baisse du Druos (2619m) la vue est exquise, nous assistons de justesse au coucher de soleil et les couleurs flamboyantes du crépuscule sont une belle récompense. La dernière descente se fera entre chien et loup en zigzagant entre les pierres et les arbres jusqu’à la nuit, enfin surtout pour moi : « enlève ton masque Camille tu verras mieux ! ». Au loin, la valse des dameuses a commencé, nous arrivons aux voitures à 18h. Nous récupérons Pierre-Axel et Joseph complètement éméchés ;)

Camille