Sortie Grande Voie Estérel – L’Échine du Dragon

Personne n’étant arrivé 1h trop tôt avec le changement d’heure, c’est un rendez-vous matinal à 8h qui est fixé en cette belle journée d’automne. L’objectif du jour, L’Échine du Dragon, est une grande voie de 13 longueurs avec 4 rappels il faut partir tôt vu que le soleil se couche désormais à 17h30 ! Le groupe est composé de Camille, Julien, PE et Paul² (oui nous sommes 2 Paul et cette blague de scientifique est pourrie).

À notre arrivée à l’habituel point de rendez-vous, le Carrefour d’Antibes, un autre groupe part direction le Mercantour et le Lac des Millefonds (spoiler leur journée ne sera pas forcément plus courte que la nôtre). Arrivée au parking de l’observatoire on forme les cordées : Julien et Camille qui à coup d’excuses plus ou moins bonnes se débrouillent pour se retrouver tous les 2 et PE entourés de ses Pauls. On vérifie qu’on a tous le matériel et c’est parti pour la marche d’approche. On trouve assez facilement le cairn qui marque le début du sentier, puis en coupant à travers un pierrier, on retrouve un vrai chemin. Pendant que Camille fait reporter, on profite bien de la vue et du contraste de couleurs entre rhyolite et Méditerranée.

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Arrivé au pied de la voie, grosse ambiance directe car même si la longueur semble facile, le 1er point est à presque 10m du sol. Une fois engagé dans la voie je me rends compte que c’est encore pire que prévu avec chute au sol possible avant de clipper le 2ème point. La longueur restant très facile ce n’est pas un problème pour moi mais il faut le moral, je n’ai posé que 3 dégaines en 25m ! La 2ème longueur, annoncée 6a, est très belle avec les difficultés au début qui sont bien protégées. C’est à mon avis un petit 6a, mais comme pour la longueur précédente les parties faciles sont peu équipées. Heureusement qu’il y a un friend coincé qui fait bien plaisir quand on le trouve. En tout cas sûrement plus plaisir qu’à ceux qui l’ont laissé là.

On arrive sur la 3ème longueur qui est une magnifique arête très facile mais Camille a beau chercher la fameuse corde qui sert de relais elle ne la trouve pas et n’a pas de sangle. Assurage au corps pour faire venir Julien donc. À mon tour je prends une sangle pour improviser un relais sur un gros bloc au pied de la longueur suivante en 6a.

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PE et Paul au relais de L2


On passe le mur raide en 6a plutôt joli pour arriver à la transition pédestre vers la dalle que l’on distingue au loin, qui parait super lisse, et du petit point, qui semble être Julien, en équilibre dessus.

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Ce sont les 2 longueurs clés 6a+ et 6b, le stress monte un peu surtout quand Julien commence à mettre la pression à coup de « tu vas voir c’est assez fin comme mouvement » et « c’était pas facile ».

À mon tour et c’est vrai que la longueur en 6a+ et vraiment pas donnée avec des petits pas de dalle teigneux mais finalement bien protégés avant une légère traversée à gauche au relais. Paul et PE s’en sortent bien surtout que je leur ai aussi mis la pression en annonçant que c’était clairement les mouvs’ les plus dur depuis le début.

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J’attaque enfin la longueur dure, et en effet ça chauffe les bras. Il y a une petite traversée avec un mouvement bien dur, puis, après un petit repos, on monte dans un dièdre puis une fissure qui continuent à bien attaquer les avant-bras. Finalement le bac de sortie est atteint avec un « putain » de contentement qui fait croire à mon assureur que je vais prendre un vol mais pas du tout..

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Après cette grosse longueur c’est l’heure du 1er rappel de la journée. Et pas n’importe lequel, fil d’araignée entre les 2 parois. Petit récap des manips en haut du rappel et je me lance, avec ma chance légendaire avec les corde l’une d’elle fini dans l’arbre en face et l’autre coincé sur un béquet de quelques centimètres de large…

Je voulais prendre la même photo de mes seconds mais quelques chutes de pierres, de leur part et de la cordée de devant, me font battre en retraite plus loin.


D’ailleurs la cordée Julien Camille fera tomber suffisamment de cailloux pour que la pose déjeuner soit de mise chez la cordée 2 pour les laisser prendre de l’avance. Il nous reste 3h30 de jour et on n’est qu’à la moitié de la voie ça va être chaud.

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La suite de la voie est dans une longueur avec de magnifiques tafonis, digne de l’île de beauté. Un gros tirage dans la longueur que j’aurais peut-être pu éviter en mettant une sangle sur le 1er point la gâche un peu.


Une autre longueur en 5c suit, elle est aussi super agréable et nous permet de sortir sur un gros promontoire avec une vue exceptionnelle sur la région. PE en profite pour faire partir une prise de sortie histoire de rendre le tout plus dur pour les suivants.

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On voit Julien et Camille 3 longueurs devant nous d’après eux (ça sera seulement 2 pour nous), mais aussi le départ de la longueur suivante avec un petit pas au-dessus du vide sans vraiment de protection et une écaille en Dülfer assez teigneuse. Le reste de la longueur déroule et j’essaye de grimper vite pour ne pas finir à la frontale.

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La suite est une petite traversée d’arête sur 15m assez facile. Apparemment il y avait un relais sur 2 pitons au pied du ressaut suivant. Je n’en ai vu qu’un, je ne l’ai d’ailleurs pas mousquetoné pour éviter un énorme tirage en montant. La vue est ici vraiment magique allant de St Tropez au Mercantour, quelle belle région !
Heureusement que Paul demande confirmation que la sangle rouge qui évite un gros tirage est à moi, sinon elle serait restée pour les cordées suivantes.

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La luminosité est vraiment faible quand on arrive au rappel numéro 2. En plus la longueur suivante semble vraiment dure et déversante vu d’en haut (heureusement ce n’est que vu du dessus). Pas de Julien ni de Camille en vu ils ont dû filer et enchaîner rapidement.
Une fois arrivé en bas, je me rends compte que la longueur est bien plus facile vue d’ici. J’attends donc le reste de la cordée, dont Paul qui nous fait grâce ru rappel le plus long du monde avec un machard trop serré ou trop prêt de son baudrier (il faudra peut-être faire un atelier rappel un de ces 4).
Finalement c’est une des plus belles longueurs de la voie et j’arrive juste à temps pour le coucher du soleil derrière la presqu’île de St Tropez. Si mes 2 acolytes veulent en voir un bout ils vont devoir se dépêcher. PE arrive pile à temps, mais Paul le manque sûrement de peu.

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Arrivé au rappel suivant on voit Julien et Camille qui eux auront réussi à aller au bout (la pause déjeuner / abris de cailloux nous aura été fatale).

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On aura manqué le petit dragon qui marque la fin de la voie et contient l’histoire émouvante de son ouverture et de la signification de son nom. Elle aurait été ouverte et nommée ainsi en l’hommage du père de l’ouvreur décédé d’un cancer et qui était son dragon.

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C’est l’heure d’attaquer les rappels de presque nuit. Je laisse partir PE et Paul et utilise le temps qu’ils prennent à descendre pour profiter de la vue avant la descente.

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Je descends en mode éclair le rappel à la frontale, avec cette magnifique journée en tête. Un petit rangement de corde et une descente en mode sanglier dans le maquis varois plus tard, nous voilà à la voiture vers 19h, direction Mandelieu pour la bière de fin de grimpe qui sera bien méritée.

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Finalement c’était une journée géniale avec de super partenaires de cordée, un cadre exceptionnel et une grimpe démente. Clairement, une de mes meilleure journée de grimpe depuis que j’ai déménagé dans la région. Merci beaucoup à tous pour cette journée !

Petit dragon, à une prochaine fois pour te voir au bout de la voie !

Paul